04/03/2010

Le voile et le poil.

         Il est, hélas, de mon devoir de vous informer que l'actuelle menace intégriste voilée qui menace la liberté féminine si durement acquise, en cache une autre encore plus sournoise et insidieuse.
        Selon des sources bien informée, des femmes épilées sous les aisselles se présenteraient sur diverses listes électorales. Même si en cette saison ce n'est guère visible, ça le deviendra plus tard.
        Nous risquons en été de découvrir l'ampleur de la catastrophe, par le spectacle traumatisant de ces tendres replis d'où toute fourrure aura été bannie, à l'instar d'une prairie printanière ayant reçu la visite de chercheurs appointés par Monsanto ©.
        Il faut noter que les femmes qui s'adonnent à ces pratiques, même si elles prétendent libres, sont en fait manipulées par des hommes, intégristes radicaux (même s’ils ne sont pas barbus ), cachés dans les banlieues verdoyantes des grandes villes américaines et européennes.
        Ceux-ci sont adeptes d'une religion mystérieuse vouant un culte sanglant à deux divinités mâles, à savoir un dieu lunaire ( dont le symbole est l'argent, la couleur de celui-ci évoquant le reflet de la lune sur les eaux dormantes ), et le vieux dieu aryen de la guerre et des massacres. L’association de ces deux divinités n’est pas récente, et il faut remarquer que le dieu-lune, ancienne divinité de tribus nomades de la péninsule arabique, a notamment pris le contrôle de l’institution millénaire connue actuellement sous le nom de Vatican, à l’occasion des troubles qui suivirent la chute de l’Empire Romain.
        Il semblerait que depuis deux ou trois siècles, il cherche à diversifier ses activités, probablement suite à la désaffection progressive de l’institution mentionnée plus avant.
        Inutile je suppose de présenter le dieu aryen de la guerre.
        Leur plus grande réussite commune fut d’avoir évincé l’antique déesse du soleil, à laquelle seuls les Japonais restent paradoxalement fidèles.
        Leurs fidèles, farouchement  intégristes, ne se cachent même pas pour étaler leur propagande dans d'innombrables revues faites sur papier glacé, aux noms aussi variés que "Cosmopolitan"©, "Gaelle"©,"Marie-Claire"©, "Biba"©, et la liste n'est pas exhaustive ( le signe © ici insèré correspond grosso-modo aux trois petites croix de la religion traditionnelle, censées écarter la colère de la divinité )
         Les pauvres femmes, victimes de ces pratiques médiévales, sont tenues de lire par semaine plusieurs pages de ces livres saints, et d'en appliquer à la lettre les préceptes, ce qui leur permettra de s'affirmer libérées.
        Mais l'horreur ne s'arrête pas là: les malheureuses doivent régulièrement se soumettre à des séances de torture dans des lieux, appelés salons, qui non seulement ne cherchent pas à se dissimuler, mais attirent le regard du passant mâle, allez savoir pourquoi, par des achalandages puissament érotiques.
        On pratique là des sévices corporels qui vont de l'arrachage régulier de toute pilosité à l'implantation, m'a t-on dit, de pièces métalliques  à des endroits qui par nature se prêtent le mieux aux caresses amoureuses, pratique qualifiée de « piercing ».
        Il faut remarquer aussi que ces intégristes les obligent, sous peine de sanctions, à s'affubler d'accoutrements souvent grotesques qui visent à les rendre odieusement ridicules. On imagine sans peine, quoiqu'en tremblant, le ricanement de ces monstres à qui seule la mise en acte de leur haine de la vie en général  et du corps féminin en particulier  procure un quelconque plaisir.
        Ils poussent la cruauté jusqu'à pousser leurs victimes à s'abstenir de nourriture, afin, prétendent-ils, de se rendre désirables auprès de leurs dieux.
        Sachez que la société occidentale, laïque, républicaine et libertaire qui se bat avec constance et raison contre les abus manifestes engendrés par le port d'un foulard couvrant les cheveux de certaines femmes qui ont, de plus, l'audace de se prétendre citoyennes, sachez donc que cette société est déjà largement gangrenée par le culte de ces divinités de l'Argent et de la Guerre.
        Il suffit, pour ceux qui en ont le courage, d'allumer une télévision à l'heure des informations pour voir les prêtresses féminines de ce culte sordide afficher tant leur lissitude-de-dessous-les-bras que leur maintien hiératique, aux fins de convertir celles d'entre leurs soeurs qui résisteraient encore au culte barbare des dieux de leurs maîtres.

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