17/08/2010

BHV, coup de force et dette publique

        La question n’est certes pas passionnante, mais peut-être cela vaut-il la peine de s’interroger un tantinet sur la soi-disant irrationalité de l’actuelle crise politique belge.
        Car, bien qu’il soit difficile d’en capter les véritables raisons, cette crise est loin d’être folle.
        Et on peut à juste titre se demander ce que cachent les écrans de fumée.
De toute évidence, B.H.V. est un prétexte, un incident préparé et monté de toutes par certains milieux très identifiables.
        D’abord, le Plombier. Le travailleur discret qui allait sortir de son chapeau une tuyauterie toute prête, et qui, contre toute attente rend son tablier sans crier gare.
        Ensuite, dans le même mouvement, pourrait-on dire, le jeune loup ambitieux qui provoque une crise dans le fol espoir apparent de devenir calife à la place du calife.
        Et puis, au sein même du parlement, un groupe de nationalistes venant chanter leur hymne en agitant des drapeaux, et qui s’en repartent sans que personne ne semble même songer à leur poser l’une ou l’autre question.
        Pour situer la crédibilité du troisième mouvement, imagine-t-on un instant des ouvriers licenciés venant y chanter l’Internationale en brandissant le drapeau rouge ? En admettant même qu’on les ai laissées rentrer, ils se seraient retrouvé à l’ombre sans même avoir eu le temps de réaliser....
        Et donc, l’un dans l’autre, le résultat est là : élections le 13 juin et probable majorité nationaliste en Flandre. Que le parti qui est censé porté la responsabilité de ces péripéties n’en profite pas est ici purement anecdotique. On a déjà vu des gens se sacrifier pour des causes moins nobles, et soyons sûrs que ce sacrifice-là sera récompensé au centuple.
        Car le problème est ailleurs. Dans les milieux où officient les prêtres du Marché, on semble parier que la dette de la Belgique restera bien belge. Et que donc la Flandre dynamique et entreprenante n’aura rien à y voir.
        A condition de brusquer un peu les choses.
        Bruxelles contre la dette ? On a vu des propositions plus cyniques. Et il est tout aussi certain que, dès lors qu’il faudra appliquer les cures d’austérité qui sont à la religion du Marché ce que le Carême est à la sanctification des fidèles, c’est en Wallonie que ça va coincer. La Foi y est traditionnellement plus laxiste. Au point même qu’y prospère encore un Parti Socialiste dont le discours fait grincer des dents les collègues européens, qui le supportent seulement parce qu’en pratique ils font comme tout le monde, du néo-libéralisme bon teint.
        Mais la persistance d'un discours qualifié ailleurs de ringard  prouve du moins que l’opinion n’est pas encore prête à avaler les couleuvres du F.M.I., version européenne.
Tandis qu’au Nord, ça pourrait passer sans trop de casse.
        Donc...
        Pour résumer...
        D'abord, on se débarrasse du boulet: proclamation d'indépendance unilatérale, ou un truc équivalent. Désormais, la patrie flamande n'aura plus rien à voir avec la Belgique. Ni avec sa dette, bien entendu.
        Et dès lors commencent des négociations qui nous feront regretter les querelles d'antan...
        Dont le plat de consistance sera Bruxelles, bien entendu...
        Aux Bruxellois, on offrira le choix entre rester Belges, Francophones et endettés pour l'éternité ou s'intégrer à une Flandre moderne et dynamique, aux finances radieuses. Intégration soft, bien sûr. Aux Francophones qui auraient du mal avec le Néerlandais, on conseillera l'usage de la langue anglaise, dont l'utilisation massive, dans les entreprises ou l'université, n'a jamais posé le moindre problème en Flandre.
        Soyons sûrs que beaucoup d'entre eux sauront se montrer raisonnables.
        Quant aux Wallons...
        Ce sont de toute façon des gens du Sud, au mœurs à peu près aussi douteuses que celles qui prévalent dans ces pays qu'on a regroupé sous l'appellation humanitaire de PIGS...
        Peut-être se verront-ils offrir un partenariat, sorte de protectorat bienveillant de la mère Flandre, à condition bien sûr de travailler dur. Et pour pas cher.
        L'alternative étant dès lors la tutelle beaucoup moins bienveillante du FMI...
        Il sera vraiment difficile de na pas être raisonnable....

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