25/03/2013

Portrait des certificats verts, vus d'un coteau ardennais

 

    Le monde est à feu et à sang, et voici quelques semaines qu’on nous sert, à toute heure, cette soupe à la fois insipide et amère.

    Certificats. Verts, of course. Curieux d’ailleurs qu’ils ne leur aient pas trouvé un beau nom, bien anglo-saxon, bien « save the planet », pour faire encore plus écolo-cool.

Bon. On s’en fout un peu, on va dire. Ce qu’on sait, c’est que c’est pas pour nous. Et que si cette soupe bien verte est posée bien en évidence sur le buffet, nous on doit se contenter de danser devant.

    C’est pour l’autre côté de la rue, les certificats verts.

    Faut sortir des cités, pour ça. Et des quartiers populaires, en général. Y’en a pas trop, par là, des panneaux solaires.

    Par contre, dans les lotissements récents, là où ceux qui construisent font bâtir de somptueuses villas, dont la moindre pourrait abriter sans problèmes deux ou trois familles d’allocataires sociaux ou de futurs licenciés, ça pousse comme champignons après la pluie, les panneaux solaires. Sur tous les toits.

    Dans les jardins aussi.

    Si toutefois on peut appeler jardins ces immenses étendues de gazon bien tondu artistiquement aménagées par des spécialistes du Vivre-Zen, et où les vieilles haies d’arbustes sauvages qui ceinturaient les pâtures sont remplacées par toutes sortes de plantes plus ou moins exotiques.

    Tandis que les derniers spécimens de paysans ont été enfournés dans divers types de mouroirs à vieux, on suppose.

    Jusque sur les toits des garages, qu’on en trouve, des panneaux solaires. Garages au nombre de deux, parfois trois. Dans les garages, des BMW. Immatriculées au Grand-Duché, comme de juste. Ça coûte moins cher.

    C’est comme ça.

    Y a ceux qui ont de l’argent. Combien ? Disons 20.000, 30.000 euros ?

    Sais pas combien ça coûte, un panneau solaire. Alors, ils installent des panneaux solaires sur le toit. Et, d’une manière ou l’autre, le gouvernement paie pour les rembourser. On gagne sur les deux tableaux. Electricité moins chère et subventions de l’Etat.

   Y a de ceux qui ont rien, ou pas grand chose. Mais faut quand même qu’ils arrivent à mettre un peu de fric de côté, pour le chauffage par exemple. C’est pas avec le salaire, ou les allocations, qu’on va pouvoir payer 500 litres de mazout. Et là, aucune subvention.    

    Le mazout, c’est pas écolo.

    Et faut pas espérer non plus que le propriétaire va investir dans des panneaux solaires pour diminuer la facture d’un locataire. Pourquoi le ferait-il ?

    Enfin...

    En fin de compte les Bobos n’ont peut-être pas tout à fait tort.

    Les plus grands ennemis du Progrès, en définitive, c’est bien les Pauvres.

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