11/06/2017

Un Pont Trop Loin ( UPTL )(2)

Il est, de nos jours, dont chacun sait combien ils sont en même temps troubles, glauques, insipides, pesants, mais parfois exaltants, très difficile de capter quelle motivation interne ou externe peut pousser un quelconque quidam à prendre la plume ( ou ce qui en tient lieu ) et aligner nombre de caractères sur papier ou sur écran.

C’est d’ailleurs en cet espace que se tapit sournoisement le problème dont je désire entretenir les quelques rares lecteurs qui auront survécu à cette fastidieuse introduction.

Je disais donc, caractères, papier et écran, voilà de quoi il est question.

Car, en cette glorieuse époque où resplendit derechef à Versailles l’éclat des Lumières incarnées en la personne du Fils de la Déesse Raison Herself ( Herself, c’est pas vraiment son nom, quoiqu’en fait c’est bien possible finalement, on ne sait point trop, ce qui est sûr c’est que ça se prononce « Heure-C’est-L’œuf », c’est tout à la fois très américain et très ésotérique, très moderne, donc, d’ailleurs, elle est Américaine, comme la Raison elle-même et comme tout ce qui est beau, grand, noble, et qui fait spontanément se poser la main de tout homme de bien sur le cœur, et c’est d’ailleurs à ça qu’on reconnaît les fourbes ) , point ne suffit plus d’aligner sur papier nombre de mots ayant semblance de cohérence, le papier essuie-tout ne convenant d’ailleurs en l’occurrence, il faut du papier spécial, fait pour, on en trouve à la Rentrée des Classes dans les rayons de tout bon Supermarché, mais je m’égare, là, et puis en fait il est souvent quadrillé le papier, le ligné est plus cher, allez savoir pourquoi, il est quand même plus pratique pour faire des corrections en cours de route, à se demander pourquoi, en fin de compte, ils ne fabriquent pas du papier essuie-tout spécial littéraire à lignes, ça résoudrait le problème, encore qu’écrire à la plume d’oie sur du papier essuie-tout c’est pas évident, j’ai essayé.

Au fait, j’en étais où, là ?

Ah oui oui, la fameuse équation papier, caractère, écran, oui, oui.

À savoir, petit a, quelle place prend sur l’écran une double feuille écrite  A4 une fois encodée. Je ne parle pas de la feuille elle-même, bien entendu, je parle du contenu.

Petit b, combien de temps un laborieux scribouilleur mettra-t-il à encoder le contenu de cette dite double feuille A4 quadrillée sans s’énerver, sans pulvériser l’écran avec le clavier qui l’accompagne, et sans vouer la Mère de Dieu, le petit Jésus et le Boss lui-même à hanter des lieux dédiés aux pratiques obscènes dans des cocons de matières fécales !

Et voilà donc, cher ami ( à supposer qu’il me reste encore au moins une lecteur, quoique je préférerais une lectrice, et qu’elle me contacte si elle le veut bien, et ce pas nécessairement pour me permettre d’ajouter à mon répertoire l’un ou l’autre nom de Saint bien placé ), voilà donc, disais-je, voici donc, c’est aussi joli, le challenge, prononcer tcha-lenne-dje, qui fut relevé ce jour avec la grâce d’un POTUS (1) dansant de joie après avoir fourgué à un émir pour cent milliards de piastres de matériel militaire déclassé…

Loué soit le Seigneur !

 

     ( 1 ) POTUS : President Of The United States

     ( 2 ) Pour le titre, j’hésitais entre “Un texte pour rien”, ce qui a du sens, et « Un pont trop loin », ce qui n’en a aucun en dehors du cas précis d’un film de guerre…Mais nous sommes en guerre contre la Réalité, n’est-il pas ? Alors ne perdons plus de temps à tenter d’avoir l’air sensés !

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