30/06/2017

Un Pont Trop Loin Part Deux

Co…co…comment dire ?

Consternation ? Certes, il y a de ça, mais en bien pire ! Allons ! Laissons parler le cœur humilié, trompé, abusé, découragé, et, pour ainsi dire, totalement incapable de surmonter ce coup dur qui renvoie à d’infinies calendes grecque la réalisation de ces oh combien légitimes rêves de gloire, de célébrité, de femmes faciles et de paradis fiscaux accueillants !

32 minutes pour taper un texte qui, en format écran,  fait à peine la moitié d’une page A4 ( en mode portrait, il  est vrai ) .

97 caractères à la minute, soit 17 mots.

La honte.

Suivie de la déprime et du trou noir.

J’ai ainsi erré pendant plus d’une semaine dans les bois environnants, me frappant le front d’un volume de l’ Encyclopedia Britannica, celui où l’on donne la recette de la tarte aux pommes à la mode du Yorkshire, me nourrissant de racines, de myrtilles pas mûres, de feuilles de valériane et de fonds de cannettes de coca abandonnées par les touristes hollandais de passage, ils sont pas si propres que ça, faut pas croire !

Comment, mais comment, pourrais-je jamais arriver à écrire la moitié, que dis-je, le dixième en quantité de l’œuvre d’un Victor Hugo à ce rythme ?

Il me faudrait au moins un million d’années, et mon agenda est déjà fort chargé !

Oh rage ! Oh désespoir ! Je vois devant moi, surgissant du fin fond de mon adolescence dépressive, des hordes de noirs choucas qui s’en viennent ricaner au pied de mes rêves moribonds avant même que d’avoir pu prendre leur envol !

Soyez maudits, Microsoft et consorts !

  -(…Euh…Tu vas pas un peu trop loin, là ? )

  -( Bon. D’accord. On reprend. )

Soyez maudits, donc, cons-de-sorts, et seulement vous !

Microsoft ® est une Entreprise exemplaire, vouée au Progrès de l’Humanité et à l’Émancipation de Tous les Peuples de la Terre enfin Réunis Devant la Fenêtre Magique aux quatre couleurs fondamentales, ultime étape de l’Évolution et Réalisation dans la Sainte Immanence Post-Transcendantale d’un Paradis débarrassé de toutes les vieilleries réactionnaires de l’Histoire frileusement repliée sur elle-même, auxquelles s’accrochent  comme des morpions les heures les plus sombres de la dite Histoire.

Voilà. On ne m’y reprendra pas deux fois à risquer de bousiller ma carrière d’écrivain-phare par des considérations inconsidérées sur ce qui n’appelle qu’une profonde reconnaissance teintée d’une touche d’idolâtrie de bon aloi !

Bref.

Il fallut donc que je me résignasse.

Je rentrai donc chez moi par une nuit sans lune et par des chemins de terre détournés, évitant tout-à-la-fois les patrouilles de police, les jeunes en virée nocturne Jupiler-Ecstasy-RaidesBulles-Techno à 190 décibels dans la BMW offerte par Papa à l’occasion de leurs bons résultats scolaires, les pensionnaires de l’asile d’aliénés local, pardon, du Centre Ouvert de Réadaptation à la Vie Citoyenne.

( En passant, je comprends mieux après ces quelques jours pourquoi les fées, les nutons, les licornes et autre créatures du Petit Peuple de nos forêts se rencontrent désormais si difficilement. Ils sont pas fous, eux ! )

Et, une fois rentré, j’entamai péniblement les recherches qui me conduisirent, en fin de compte, à la (re)découverte de cette Bible qui, peut-être, sera mon salut !

 

2017-06-1990.JPG

 

Je vous en cite un extrait :

« Frapper deux lignes de chaque groupe de mots. ( Les exercices peuvent être préparés en frappe contrôlée et en frappe rythmique ) :tue rat – ayez trop- autre titre -…  etc…

Bon. Déjà que je dois ( me ) taper ça, pour m’entraîner, je ne vais pas, en plus, les insérer tous dans ce qui n’est, je l’espère, on verra dans un million d’années, que le prologue de mon œuvre.

Prochaine étape, l’écran et ses multiples bienfaits !

11/06/2017

Un Pont Trop Loin ( UPTL )(2)

Il est, de nos jours, dont chacun sait combien ils sont en même temps troubles, glauques, insipides, pesants, mais parfois exaltants, très difficile de capter quelle motivation interne ou externe peut pousser un quelconque quidam à prendre la plume ( ou ce qui en tient lieu ) et aligner nombre de caractères sur papier ou sur écran.

C’est d’ailleurs en cet espace que se tapit sournoisement le problème dont je désire entretenir les quelques rares lecteurs qui auront survécu à cette fastidieuse introduction.

Je disais donc, caractères, papier et écran, voilà de quoi il est question.

Car, en cette glorieuse époque où resplendit derechef à Versailles l’éclat des Lumières incarnées en la personne du Fils de la Déesse Raison Herself ( Herself, c’est pas vraiment son nom, quoiqu’en fait c’est bien possible finalement, on ne sait point trop, ce qui est sûr c’est que ça se prononce « Heure-C’est-L’œuf », c’est tout à la fois très américain et très ésotérique, très moderne, donc, d’ailleurs, elle est Américaine, comme la Raison elle-même et comme tout ce qui est beau, grand, noble, et qui fait spontanément se poser la main de tout homme de bien sur le cœur, et c’est d’ailleurs à ça qu’on reconnaît les fourbes ) , point ne suffit plus d’aligner sur papier nombre de mots ayant semblance de cohérence, le papier essuie-tout ne convenant d’ailleurs en l’occurrence, il faut du papier spécial, fait pour, on en trouve à la Rentrée des Classes dans les rayons de tout bon Supermarché, mais je m’égare, là, et puis en fait il est souvent quadrillé le papier, le ligné est plus cher, allez savoir pourquoi, il est quand même plus pratique pour faire des corrections en cours de route, à se demander pourquoi, en fin de compte, ils ne fabriquent pas du papier essuie-tout spécial littéraire à lignes, ça résoudrait le problème, encore qu’écrire à la plume d’oie sur du papier essuie-tout c’est pas évident, j’ai essayé.

Au fait, j’en étais où, là ?

Ah oui oui, la fameuse équation papier, caractère, écran, oui, oui.

À savoir, petit a, quelle place prend sur l’écran une double feuille écrite  A4 une fois encodée. Je ne parle pas de la feuille elle-même, bien entendu, je parle du contenu.

Petit b, combien de temps un laborieux scribouilleur mettra-t-il à encoder le contenu de cette dite double feuille A4 quadrillée sans s’énerver, sans pulvériser l’écran avec le clavier qui l’accompagne, et sans vouer la Mère de Dieu, le petit Jésus et le Boss lui-même à hanter des lieux dédiés aux pratiques obscènes dans des cocons de matières fécales !

Et voilà donc, cher ami ( à supposer qu’il me reste encore au moins une lecteur, quoique je préférerais une lectrice, et qu’elle me contacte si elle le veut bien, et ce pas nécessairement pour me permettre d’ajouter à mon répertoire l’un ou l’autre nom de Saint bien placé ), voilà donc, disais-je, voici donc, c’est aussi joli, le challenge, prononcer tcha-lenne-dje, qui fut relevé ce jour avec la grâce d’un POTUS (1) dansant de joie après avoir fourgué à un émir pour cent milliards de piastres de matériel militaire déclassé…

Loué soit le Seigneur !

 

     ( 1 ) POTUS : President Of The United States

     ( 2 ) Pour le titre, j’hésitais entre “Un texte pour rien”, ce qui a du sens, et « Un pont trop loin », ce qui n’en a aucun en dehors du cas précis d’un film de guerre…Mais nous sommes en guerre contre la Réalité, n’est-il pas ? Alors ne perdons plus de temps à tenter d’avoir l’air sensés !

07/06/2017

Ode au Papier-Essuie-Tout

On a beau être radicalement opposé à tous les artefacts superfétatoires que nous impose cette Hydre visqueuse que d’aucuns appellent Progrès, ou Modernité selon les chapelles, il faut cependant admettre que certaines se révèlent, à l’usage, bien utiles.

On parle ici du papier essuie-tout qui porte, en Touraine, le nom vernaculaire de sopalin, et probablement d’autres noms  ailleurs.

Cette invention éminemment utile nous permet, de fait, de réduire considérablement notre dépendance vis-à-vis du papier journal.

La qualité de ce dernier a, en effet, considérablement régressé ces dernières années en se sophistiquant peu à peu pour permettre d’y imprimer nombre d’images et d’écrits très colorés, ce qui se fit, malheureusement, au détriment de sa capacité d’absorption. On ne parlera que pour mémoire des différents prospectus publicitaires qui sont quant à eux totalement inutilisables pour quelle tâche utile que ce soit.

Le papier essuie-tout nous permet, désormais, d’éviter l’achat de plus en plus dispendieux de diverses gazettes, dont, ceci dit dit, le contenu imprimé présente de nos jours un intérêt comparable aux dernières causeries de Bernard-Henry Lévy ou aux touittes profondément philosophiques de Donald Trump.

Voici qui devrait inciter ceux qui, à l’instar de l’auteur de ces lignes, vomissent le Progrès par toutes les pores de la peau à faire preuve parfois d’un peu de bienveillance envers certaines des créations de ce monde en délire !

04/03/2016

Et si on arrêtait de parler sérieusement ?

Vendredi 4 mars 2016


Il n'est même plus nécéssaire de faire semblant d'avoir encore quelque chose à dire. Plus personne ne le fait, de nos jours. À ranger dans la catégorie ringardo-réactionnaire, avec fort soupçon de crypto-nazisme.
Et de remarquer quand même que, même si nulle part on ne dit plus rien, ce rien toutefois s'entoure d'un vocabulaire crypto-phobique, pour ainsi dire, on reste entre gens qui savent causer , même si de plus en plus, chez ces gens là, on préfère le faire en anglais.
Désormais, il suffit d'affirmer. Haut et fort et sans craindre de s'empêtrer dans les contradictions. Inutile d'argumenter. La mauvaise foi tient lieu de discours de la méthode.
Au diable les thèses, antithèses, synthèses, héritées d'un passé obscurantiste où l'on ne connaissait ni la technologie des tablettes et autres seumartophones, ni la jouissance divine du copié-collé, ne pas confondre avec coupé-cloué qui en dialecte haïtien fait référence aux formes les plus doucement enivrantes de la fréquentation de l'autre sexe, ceci n'étant guère non plus très politiquement correct.
Donc, au Diable les structures.
Le discours, comme tout le reste, doit être déconstruit, et ne rien laisser d'autre que ces choses qu'on appelle "signal fort", comme il convient, et de préférence à connotation exclusivement affectiviste.
Oufti.
C'est là qu'on se rend compte, et qu'on se le raconte, que le seul fait d'écrire -et ce malgré la torture qu'implique la pixellisation de l'écrit  - est en soi re-créateur de cette broutille qu'on appelait, jadis, l'identité personnelle.
Et que dans ce monde de cinglé-e-s -qu'on me pardonne ici l'usage du genre neutre militant, lequel s'impose de lui même dans ce mot en particulier - il faut user de toutes les flèches en notre possession pour garder les pieds stables sur un sol de plus en plus mouvant.
Terminons donc par un cri de guerre:
"Vive le tir à l'arc !"
"Vive le maire de Champignac ! "