14/05/2015

Banquise

C'est une question qu'on a envie de poser, depuis un certain temps, aux scientifiques de tout poil et de toute obédience. Plus particulièrement à ceux qui sont concernés par le grand bouleversement climatique en cours. 

Bouleversement que l'on qualifie par ailleurs de Réchauffement, même si, pour quiconque est encore capable à la fois d'ouvrir les yeux et de vibrer au rythme de la Terre, il s'agit de bien plus que cela.

Mais tenons-nous en, ici, strictement à ce qui concerne le réchauffement, tout à fait indiscutable, et ses potentielles conséquences sur le niveau de la mer.

On nous annonce, dans le pire des cas, une hausse de un à deux mètre du dit niveau, et ce pour la fin du siècle, au plus tôt.

Bon.

Mais, si se passait autrement ?

Qui a déjà dégivré un congélateur a pu observer ce phénomène. D'abord la glace, sorte de banquise en miniature, fond. Elle entre en fusion d'abord sur les faces extérieures, ensuite sur les faces intérieures. Et elle fond de plus en plus vite. Et, à moment donné, il suffit de donner un léger coup pour que l'ensemble de cette banquise s'effondre d'un coup.

Ne pourrait-il pas se passer la même chose pour les banquises planétaires ? Celle du Groenland, par exemple, qui est déjà largement en état de fusion. 

Que se passerait-il, par exemple, en cas de tremblement de terre ? Ne glisserait-elle pas d'un bloc dans l'Océan ?

Selon certaines théories, le Déluge dont il est fait mention dans mal de traditions aurait été provoqué par l'effondrement, brutal et rapide, de la calotte glaciaire scandinave. 

Dès lors, la question que je pose est la suivante : qu'arriverait-il si, d'un seul coup et dans un futur tout à fait imprévisible, que le prudence incite donc à considérer comme proche, le niveau de la mer venait à s'élever de cinq à six mètres ?

Et, sous question : la sagesse ne conseillerait-elle pas de prendre très au sérieux cette hypothèse ?

Merci  à quiconque peut faire parvenir cette interrogation à l'un de ces quelconques esprits éclairés, dont la fonction semble être d'inquiéter le moins possible les consommateurs que nous sommes tous sensés être...

 

01/05/2015

Premier Mai, Capitulation et Paradis Tropicaux

Voyons, voyons.
Donc, on va travailler jusqu'à  pas d'âge, pour renflouer les dettes des banques et permettre aux jeunes de ne pas trouver de boulot, ce qui leur permettra –in fine – de fournir nos gérontocrates en pièces de rechange biologiques.
Donc, on va progressivement remplacer les pensions par l'euthanasie ( on achève bien les chevaux ), pour combler le déficit de la sécurité sociale, en attendant sa privatisation totale.
Donc, on va en définitive proposer ( c'est pas encore fait ? ) d'attribuer la perception des impôts aux principales  Grandes Banques, qui, au contraire des états, ou ce qu'il en reste, sont "too big to fail" ( Trop massives pour chuter... )
Et tout ça pour des salaires qu'il s'agira de diminuer progressivement, afin d'augmenter le pouvoir d'achat qui permettra la relance ( il y a là quelque chose que je n'arrive pas à comprendre, mais je suis un peu con ).
Et pendant ce temps là, que fait la FGTB ?
Qui, pour rappel, est le principal Syndicat de Wallonie.
Elle capitule.
Avant même d'avoir combattu.
Elle capitule devant la pression des médias-Système.
Elle capitule parce que personne, dans la bureaucratie syndicale, n'est prêt à remettre en cause le moindre article du credo libéralo-gauchiste. 
Libéral pour l'économie.
Moderniste pour le sociétal.
Slogans "progressistes " pour les affiliés.
Vacances à Cuba pour les cadres.
http://www.lavenir.net/cnt/DMF20150429_00640764
Les syndicats sont morts, cliniquement morts.
Il n'y a plus moyen, pour l'affilié de base, de se faire entendre par la hiérarchie.
Ni même la possibilité d'échanger – LIBREMENT - avec des camarades d'autres secteurs sur la manière de réellement mener les combats qui conviennent à notre époque de grandes confusions.
Pour organiser des rencontres réelles entre militants, il n'y a pas d'argent.
Pour envoyer des "cadres " dans un hôtel néo-colonial, de classe – çàd à la fois de "standingue" et réservé aux touristes occidentaux, ainsi qu'à la bourgeoisie prolétarienne locale - , il y a de l'argent.
Est-ce étonnant ?
Quand on voit où le nouveau secrétaire général va donner ses conférences...
À 145 euros l'entrée... 
http://www.cercledelorraine.be/fr/Agenda.aspx/ActivityDetails/2211?alonemode=1
Oui, on a honte. Vraiment.
 

15/04/2015

L'étançon

    On va faire autrement.
    Le précédent ne fut pas à la hauteur. Enfin, si. Mais quoique. Oh, et puis...
    Ah ? Oui. Le précédent écriveur, on veut dire lu-skriveû-d'arèdje. On va pas refaire les mêmes erreurs. On va se contenter d'un pas, l'autre suivant celui-là selon sa propre logique e pied fourchu, et sans vouloir aller nulle part. Et, d'ailleurs, où aller ?
    Certes. Un escholier du vieux temps, prénommé Toto, citait, en exergue d'un exercice dit sertation, certation, donc, cet étonnant paradoxe que si la Planète était ronde, ça n'empêchait pas pour autant que l'on baise dans tous les coins.
    Quoique, derechef...
    Mais l'on ne s'avancera point dans l'expression d'une quelconque opinion car, qui dit expression dit par là-même et dans la foulée impression correspondante, et la pression fatigue. Sauf au bar, quand on en commande une autre.
    Lors parlait-on de sertation. Et, en vérité, c'est bien de cela qu'il s'agit. Sertir, en lieu et place de servir.
    Car, le saviez-vous, de redoutables ombres rôdent dans ces landes obscures, au pied des mots figés par le souffle froid des idoles mécanistes.
    Et vous, chers et tous bons, ne les mirez point, ces ombres. Tandis que nous, obscurs fonctionnaires oublieux même du grade de nos ancêtres pourtant glorieux, nous savons. Et, par bouturage spontané  de la chose sans forme, nous disons, donc et adoncques.
    Eh oui ! Beaucoup d'obscurs et peu de clairs dans ce paysage sémantique jeté à la hâte sur un papier martyr, de réemploi, avant d'être transmuté, au prix d'une intense souffrance, en images d'ondes électromagnétiques pourvues de masse
    Ce qui, soit dit en passant, et au vu de ce qui circule sur la Toile sacrée, semble prouver que la masse n'a guère à voir avec le poids, ni avec quelque dimension perdue, telle la profondeur. On regrette, déjà, d'être amené à servir ces évidences, ce que les gens de bien nous pardonneront sans états d'âme particuliers.
    Mais, ne –et là il me manque un mot, preuve de la corrosion accélérée que subit la palpitante méduse de la langue –dissertons plus.
    Car on est en train d'égarer le poisson sur des sentiers caillouteux, où l'on ne peut guère espérer le noyer, alors qu'à ce qu'on dit c'est bien là que réside l'enjeu de la joute. Puisque, bien sûr, joute il y a.
    Joute issue d'un jeu composé de pièces alambiquées qui se nommaient, dans des temps encore plus anciens, athanor et chaudron, avant qu'on ne les baptise, au nom d'une Raison faite Déesse, thèse et antithèse, et Minotaure en option.
    J'entends, sur ces landes obscures où stagnent les idoles décrites ci-avant, la voix d'un vent mauvais chargé de senteurs âcres et fagoteuses, me murmurer en me regardant dans les yeux:
-"Mais le sens, mon brave, où donc sied le sens ?"
    Et de mon ouïe s'en vient une onde glacée, me parcourant la colonne de haut en bas et je me sens –comment dites-vous  ? – coupable. Gêné. Comme l'autre, là. Celui qui me précédait sur la feuille et à la barre, et dont le chagrin était d'avoir perdu le plaisir suis simple de laisser se dérouler le tapis pourpre du: "c'est ainsi !"
    Point ne l'ai dézingué, rassurez-vous. Il traîne dans les bars de la Vieille Ville, côté port, car il existe encore, quelque part, une Vieille Ville. Mais c'est une autre histoire...
Et de penser à lui j'affectivise, Cré-saint-strond-do-Djâle ! 
Et ce n'est guère le moment.
    Car l'affectivisme, ça fatigue. Et l'étançon, là, c'est lourd.
Vous le voyez, là, au mitan du tunnel, l'étançon ?
L'étançon, là ?
Il est vrai. Ces temps sont las. D'autant que Tout est à reconstruire. Alors ? Pourquoi s'en faire ?
    Amusons-nous, en passant, du fait que la langue bretonne dit, au chiffre dix-huit, "triwec'h".
Trois-Six, m'entendez-vous ?
Comme le chiffre de l'Autre, là, la Bête, qui en définitive, en dernière analyse  disent les comiques troupiers, est tellement bête qu'aucun des trolls didactiques qui fourmillent dans ces forums bas-de-plafond dont la Toile est constellée ne s'est jamais avisé de la chose.
    Et pourtant ! Si c'est pas un Signe, ça ! 
    Tiens. Du coup, ça me donne envie d'une bonne bolée de cidre. M'en vais faire un tour dans la Vieille Ville, côté port.

19/02/2015

Est-ce qu'on ?

Est-ce qu'on ?
Est-ce qu'on en parle ?
Mais...
Mais de quoi ?
De...
On en parle.
Tous les jours, à longueur de page.
De colonnes. De commentaires et de réactions aux commentaires.
De " mise à jour du statut ".
On aligne les pixels de mots formatés, prêts à l'usage.
De mots passés à la rôtissoire " high-frequency " du Pensé-Correct.
Correct. Comme-il-faut.
Et on en parle, bien sûr.
De quoi ?
Qu'êtes- vous pour demander cela ?
Que demandez-vous, vraiment ?
Qu'espérez-vous ?
Qu'attendez-vous ?
" De quoi ? ", mande à nouveau le Chœur.
Chœur de choryphantes avides de sens, avides de remplir un vide qui ne cesse de croître au point d'être devenu la seule religion admissible.
La seule Foi tolérable, celle qui fait de l'être un néant et de l'obscurité le soleil radieux des Lumières.
" De quoi ? "
Et le Chœur de clamer :
" Et toi, qui es-tu qui t'en viens troubler nos certitudes ?
Qui es-tu, qui tentes de nous chavirer à l'aide de vagues non cotables à la Bourse du Bien-Être Par Le Développement Personnel ?
Qui es-tu pour venir porter le fer de tes mots au coeur de nos cocons dont les traites sont encore si loin d'être échues ? "
Qui je suis ?
Que vous chaut ?
Le savez-vous, vous, qui vous êtes ?
Je suis la forêt avant que d'être l'arbre.
Je suis l'océan avant que d'être l'onde.
Je suis la pluie avant que d'être la source.
Et le Chœur de surenchérir :
" Vanité ! Tu n'es que vanité !
Nous sommes la sagesse. Nous, nous sommes ceci, nous sommes cela, au fil des bienveillantes injonctions de nos dévoués gardiens, sereines étoiles de notre univers scintillant "
Et alors ?
Est-ce qu'on en parle ?
Le tintamarre de vos paroles est une insulte au silence de l'immensité.
Mais vous...
Revendiquez le " droit à l'insulte "
Et d'appeler cela  " liberté "
Le droit de faire souffrir
Et d'appeler ça " amour "
Le droit de tourner le dos
Aux frondaisons enchantées
Aux rondes des fées dans la douce lumière des nuits d'été
Aux sources chaudes qui éveillent les coeurs
Et de ça
En parlez-vous ?


04/11/2014

Lettre ouverte à nos amis glaneurs de patates transgéniques.

Chers amis, Beste vrienden

 

J'aurais tant, tant voulu pouvoir vous apporter mon soutien, totalement et sans conditions. Mais hélas, hélas, ça m'est impossible.

Il m'est impossible, dans mon pays, de soutenir un mouvement qui utilise de manière systématique, dans sa "communication", la langue de l'occupant.

Car, sachez-le, nous sommes occupés.

Par l'Europe. Les banques. Les multinationales. Les sbires du "Global thinking", en définitive, dans la langue desquels vous prétendez libérer nos champs.

Les libérer de quoi ?

De leurs racines, flamandes ou wallonnes  ?

Des langues de ceux qui les ont toujours travaillés auparavant ?

Quand ils étaient des "velden", des "champs" et non des "field"...

Pourquoi ?

Pourquoi faites-vous cela ?

Pourquoi vous efforcer de la sorte à repousser tout soutien populaire ?

Nous sommes déjà si souvent contraints de travailler dans cette langue, nous n'avons pas le choix .

Mais que dire alors, quand on voit, sur votre site, ceci ?

    "The appeal of the Wetteren 11 "

Et, en dessous:

     "Onze verontschuldigingen, dit bericht is alleen beschikbaar in English"

J'avais toujours cru que l'on parlait Flamand, à Wetteren.

Moi, quand je vais à Ostende, je tire grande fierté de m'exprimer en néerlandais, et d'arriver à capter l'accent ostendais, si musical.

Faudra-t-il que j'arrête cela ?

Que je fasse comme tout progressiste qui se respecte, parler Anglais, partout, toujours, et à tout le monde ?

Savez-vous seulement qu'il existe en Flandre un important mouvement espérantiste ?

Au lieu que l'on risque de prendre vos tracts pour une publicité en faveur de Monsanto, n'aurait-il pas mieux valu risquer la différence ?

"Liberiga Movado de la Kampoj", par exemple ? Voilà qui eût pu attirer l'attention.

Mais qui va comprendre ce que recouvre "civil action against gmos in belgium" ?

Aussi, mes chers amis, beste vrienden, je vous demande, fraternellement, de revoir votre copie. Pour que mes collègues de travail, s'ils prennent connaissance de vos tracts, ne les prennent pas pour une nouvelle opération "enjoy working for us" de la direction...

 

21/07/2014

Front National, le Korrekt-Libéralisme.

L'info reproduite ci-dessous est importante.

La preuve de son importance étant, bien entendu, qu'elle n'a provoqué, à l'époque,  aucune levée de boucliers dans les rangs de la Gauche .

( On allait ajouter "bien-pensante" en oubliant qu'il s'agit d'un pléonasme . On signale d'ailleurs, en passant, qu'un première mouture de ce billet fut refusée par un site de gauche) .

  L'info, la voici:

 "Par arrêté municipal du 19 mai 2014, il a été décidé d'interdire d'étendre du linge aux balcons, fenêtres et façades des immeubles visibles des voies publiques. Les immeubles participent pleinement à la perception et à la qualité environnementale du domaine public, les façades ont un impact important sur l'attractivité économique et touristique de la ville et notamment en matière d'ordre esthétique", indique le texte de la mairie. "Cet arrêté permanent s'applique à l'intérieur du secteur sauvegardé de la ville, l'interdiction sera levée entre 22 heures et 6 heures du matin", ajoute l'arrêté qui prévoit également une interdiction "de battre les tapis par les fenêtres après 10 heures du matin". ( Le Figaro, 20/5/14 )

 On va pouvoir, de là, éradiquer quelques-uns des préjugés les plus courants, concernant le Front National.

 1 : "Le Front National défend le petit peuple"

 Démonstration splendide du contraire.

 Personne, jusqu'ici, n'avait osé aussi ouvertement réprimer cette coutume commune à tous les peuples méditerranéens, naturellement portés vers l'extérieur. Peut-on raisonnablement imaginer une cité méridionale sans linge qui pend aux fenêtres ? Sans matrone qui s'en vient battre son tapis à la fenêtre ? Quand aux éventuels "abus", ils ont toujours été réglés lors de l'une ou l'autre séance de "tchatche", selon les règles de la décence commune.

 Il s'agit là très clairement d'une attaque "frontale" contre le mode de vie populaire. Le texte de cet arrêté semble sorti tout droit d'un "think-tank" WASP  ( White-Anglo-Saxon-Protestant )

 2- "Le Front National est anti-Système"

 Faux, très clairement. Encore une fois, il suffit de reprendre les termes de l'arrêté. On privilégie les "immeubles" par rapport aux gens, et ceci dans leur fonction Spectacle, ( Musée ), selon les normes hygiénistes du Système.

On veut couper les gens de leur milieu naturel, les renvoyer vers l'intérieur de leurs logements, tournés vers les écrans du Système, mettre fin à toute la sociabilité populaire dont la lessive est traditionnellement l'un des moments forts.( Il ne faudrait d'ailleurs pas creuser très loin pour trouver là une influence de l'actuelle croisade contre "les préjugés de genre", c'est à dire, en fait, contre les manifestations subsistantes de ce qu'Ivan Illich appelait le "genre vernaculaire" )

Et ceci de manière autoritaire, sans débat public, sans même consulter les populations concernées, qui constituent probablement une grande part de l'électorat du FN, c'est à dire tous ces gens qui,pensant défendre les valeurs populaires traditionnelles, se voient imposer l'Hygiénisme Autoritaire et la Stérilisation du tissu social.

Le Front national n'est rien d'autre qu'un parti libéral, économiquement correct, qui feint de se battre contre le libéralisme culturel de la Gauche, tout en s'apprêtant à l'appliquer de manière encore plus brutale.

3-"Le Front National est un parti conservateur"

 Faux. Cet arrêté est rédigé en langue "progressiste". On y trouve les champs sémantiques ( ensembles de significations ) habituels.

"Qualité environnementale", "attractivité économique et touristique", etc. Il participe de la Politique générale, menée indifféremment par la Droite ou la Gauche ( y compris dans sa composante "verte" ), depuis des décennies, consistant à transformer systématiquement les quartiers  populaires en "musées" habitables uniquement par ceux qui ont les capacités, tant financières que psychologiques, de s'adapter aux exigences mortifères du Système.

On en restera là pour aujourd'hui. Si "Paris valait bien une messe", on peut très franchement se demander ce que vaut le Front National. En tout cas pas de se crever les yeux sur un écran en rédigenat de longues analyses...

Ajoutons que l'obstination de la Gauche à "victimiser" ce groupement  n'est désormais plus compréhensible que par la nécessaire complémentarité entre l'aile gauche et l'aile droite du libéralisme...

Autrement dit, tant qu'"Ils" croiront au "Front", "Ils" n'envisageront pas de purement et simplement sortir du Système, par leurs propres moyens.

Ce qui est pourtant la seule chose qu'il nous reste à faire si nous voulons, simplement, éviter d'être transformés en robots...

17/07/2014

Sextant

Au départ, c'était pour écrire.

Bêtement.

Et être lu, un peu.

Parce qu'on avait rarement l'occasion d'être lu, n'ayant pas de relations dans la presse, et que les courriers de lecteurs tronquaient souvent les lettres.

Alors on a essayé un blogue.

C'était tout neuf, ça venait de sortir.

Comme il semblait que, déjà, l'ambiance générale était au cabotage insignifiant et à l'éternel ressac d'idées élaborées dans les forges du Système, on a appelé ça:

"Nouvelles de la Haute Mer".

C'est bien, la haute mer.

Horizons sans limites, air pur et vivifiant, à souhait.

 

 

I-13-07-1410.JPG

 

 

Et puis, on s'est fatigué.

Lassé.

Épuisé.

En se rendant compte que l'Internet, en définitive, n'est que le dernier et le plus diabolique des avatars du Système.

Celui qui pourrait donner une certaine notoriété, et quelque audience.

En échange d'un temps infini à passer, coupé du monde, coupé de la Nature, la Vie Vivante, en tête à tête avec le scintillement endormant de l'écran...

En échange d'une attention soutenue à l'audimat, maître tyrannique exigeant la publication régulière d'un n'importe quoi qui remplisse l'écran..

Devoir se dire:

"Combien de gens ont visité mon site ?

Combien ont lu réellement ce que j'avais écrit ?

Combien n'ont fait que cliquer ?

Etc...

Et bon, à un moment, on se dit:

"Ça suffit."

On ne cherche plus quelque chose à dire.

Surtout, encore une fois, que seuls atteignent la notoriété ceux qui savent sentir CE que le Système attend d'eux, à CE moment précis, cette attente précise et toujours intuitive, ultime perversion d'un sens magique dont par ailleurs on nie l'existence.

Exigence totalitaire, et totalisante.

Ceux qui ont un public, sur les réseaux sociaux, un public "fidélisé", ne s'éloignent jamais ni très loin ni très longtemps d'une connexion quelconque.

On arrive à accepter cela, dans la mesure seulement de posséder la capacité de s'y soumettre, dans la mesure où déjà la sensation d'appartenir à un monde d'Immensité, et de s'y sentir bien, est battue en brèche par l'addiction aux artefacts de la Machine Totale.

Dans le cas contraire, et me voici à la racine de mon propos, on laisse tomber.

À quoi bon publier quelque part, sur tel ou tel site présumé dissident, un texte qui demande trois heures de travail, ce pour susciter cinquante commentaires réactionnels faits en deux minutes, voire l'un ou l'autre pseudo-débat qui s'éteindra, tel un feu de paille, après un ou deux jours. Et auquel on ne reviendra jamais plus, du "New" étant arrivé depuis.

Ou qui sera purement et simplement censuré, sans la moindre explication.

Mais il est vrai qu'en novlangue Internet, "censure" se dit "modération".

Et bon, voilà.

C'est le moment de vraiment prendre le large.

D'élaborer une pensée de Haute Mer.

De mettre sur la Toile quelque chose, non pour soi, non pour Dieu sait quelle satisfaction de l'Ego narcissique, mais simplement comme on jette un caillou sur le chemin, sans savoir qui derrière le verra, ni même si quelqu'un suit derrière.

Voilà pour la première partie.

La seconde suivra, dans dix jours ou plus tard, ou plus tard que plus tard..

Nous sommes arrivés, paradoxalement, à un tel état d'urgence vitale qu'il devient impératif de prendre son temps.

Et ici commence la vraie Décroissance.

Celle du Futile.

27/05/2014

Pantoufles

Mon psy m'avait bien dit:

"Pas de commentaires sur ces (...) Élexions, cette semaine. Tu fais comme tout le monde, tu prends patience, et tu attends, la Coupe du Monde commence bientôt..."

-Mais...

-J'ai dit. Pas de commentaires. Les écrans t'emmerdent, les cons t'emmerdent, ça t'énerve de voir les idioties conformistes qu'il s'évertuent à aller copier-coller, et au total ça t'empêche de roupiller. Donc, pas de commentaires !

Il est bien, mon psy. Il a dit "Pas de commentaires".

Il a pas dit "No Comment" !.

C'est pas dans son registre.

Dans le mien non plus, d'ailleurs. J'aurais d'ailleurs tendance à comprendre: "Comment, Non ?" .

Et c'est d'ailleurs ce que mon esprit torturé et tortueux finit par me faire admettre...

Bon, pas difficile de corrompre le psy.

Une bouteille de Gris de Belle-Avoine fit l'affaire.

Mon psy est très corruptible Et j'en profite, vu que lui et moi formons , pour des rasions assez obscure ( un "collateral damage" de la "théorie du genre", peut-être ? ) la même personne. Ce qui, si je compte bien, et en y ajoutant mon esprit déjà cité, en fait trois, de personnes.

Quelle ménagerie...!

 

 

Pantoufles.jpg

 

 

Bref...

Je profitai donc d'une occasion pour aller voir sur le Grand Marché de l'étalage narcissique du n'importe quoi à 90 % et des tuyaux utiles à 10 %, estimation très optimiste... Et j'en épinglai l'un ou l'autre...

D'abord, une vidéo montrant l'entrée des hordes hitlériennes à Paris. J'ai mis environ trente secondes à comprendre que ça avait un rapport avec les élections françaises. Je suis pas un rapide. Et merde. Voilà qu'on va être envahis par des hordes de Français réclamant l'asile politique en Belgique...

Comme si on avait pas déjà assez à faire avec nos propres Bobos qui pleurent sur leurs éoliennes cassées...

Ensuite une vidéo montrant les pleurs de Mélenchon.

Dommage. Je l'aimais bien, moi, Mélenchon..

Avant qu'il ne donne la consigne de traiter de salopards de fascistes réactionnaires obscurantistes et nauséabonds, excusez du peu, et d'exclure en conséquence des rangs de la Vraie Gauche tous ceux qui auraient eu une objection à formuler à la mise en acte immédiate et sans discussion du moindre délire LGBT.

Et enfin, dernier mais non moindre ( "last but not least", traduction à l'égard des Bobos qui ont de plus en plus de mal à comprendre la langue nauséabonde parlée par le petit peuple ), l'éternel "silence des pantoufles", antienne moralisatrice qui dit en substance que le bruit des bottes jaillit automatiquement du silence des "pantoufles", comprenez, ceux qui-restent-dedans-au-lieu-d-aller-voter,  et puis, bon, suffit de marcher pieds nus, de toute façons,  où est le problème ?

À quoi on pourrait ajouter qu'au moins, en Ukraine, phare de l'Europe Démocratique, on sait ce qu'il faut en faire, des Pantoufles.

Cent paires de pantoufles transformées en pâtée à chats rien que dans la journée de lundi.

Les bruits de botte n'ont qu'à bien se tenir, c'est pas à Odessa qu'on les entendra....

 

14/04/2014

Thomas et la zappette maléfique

-Ça fait longtemps, non ?

-Quelques mois, quelques années ? J’en sais trop rein, en fait...Tu veux une bière ?

-Fraîche ?

-Plus ou moins. Je les emballe au fond de mon sac.

-T’as pas un de ces trucs, comme ils ont tous, là, pour garder leur gamelle au frais ?

-Frigobox ? Non. J’aime pas ces bidules. Encombrant. Et ça doit se porte à bout de bras, et ça cogne aux jambes quand tu marches.

Thomas farfouille dans le fond de sa besace, et en sort deux bières. Il en passe une à Ayano, et se dégoupille la deuxième.

-Comment tu m’as trouvé ?

-Fastoche. Un coin où personne de sensé ne s’arrêterait. Un arrêt de buis désaffecté perdu en pleine cambrousse.

-Je suis si transparent ?

-Pour moi, oui. Et en plus, le paysage donne envie de s’arrêter.

Devant eux, la vallée s’ouvrait, plein sud, vers des coteaux boisés. Plus près, des tracteurs, en pleine fenaison. Odeur de foin fraîchement coupé, lumière impalpable. Une vieille route, qui connut des jours meilleurs, désormais émaillée de nids de poule. Certains, d’ailleurs, ressemblant davantage à des trous d’obus.

-Santé, Thomas !

 -Santé, Ayano !

Le hic, avec les canettes de bière, c’est que, en trinquant, ça fait un bruit mat, mou, un peu écœurant. Mais bon. Le monde était à feu et à sang, comme disait l’autre, on n’allait pas s’en faire pour si peu.

 -Quoi de neuf, mon pote ?

 -Je suis ton pote, maintenant ?

 -Et quoi d’autre ? ...Me demandais ce que tu devenais, j’avais pas de nouvelles.

 -Et je t’en aurais donné comment ? T’as pas de portable, pas de domicile connu, et t’es même pas sur Fesse-de-Bouc.

 -Y a un chat chez toi, non ? Il aurait fait la commission, avec plaisir.

 -Un chat... !

Thomas hausse les épaules, qu’est ce qu’il débarque encore comme délire philosophico mystique, celui-là !

-Tu vois..T’es encore bien comme eux, quelque part. Mais ça viendra.

 -Quoi donc ?

 -En son temps. Comme tout.

 Nouveau haussement d’épaules.

 -Je suis pas pressé.

 -Je sais. Mais il faudra parler.

 -Et qu’est ce qu’on fout, pour le moment ?

Un silence. Chacun boit une gorgée.

 -Toujours la même rengaine. Ce qu’on fait ? Y a t-il à faire ?

 -Je sais pas.

 -Justement.

 -Et en fait, je m’en fous. De plus en plus.

 -Justement.

 -Le monde a changé, Ayano. En deux ans, depuis qu’on a commencé notre palabre. Tu sais, j’aime bien ce mot. Palabre. Je préfère la palabre à la parole. La palabre, ça tient du feu. Ça flamboie, ça s’éparpille, ça s’entrelace, ça se tire en volutes, ça jaillit, ça ne prend jamais le même chemin. La parole, ça suit des itinéraires. Balisés. Formatés. Des autoroutes, des voies ferrées. Et ça ne s'écarte jamais du droit chemin, et si jamais ça s’en éloigne quand même, c’est dans des directions prévisibles même quand ça se dit imprévu.

 -T’es pas clair, là.

 -Non. Pas encore. Pas fort. Mais ça bouge. Le monde change, et je change aussi. Mais pas dans le même sens.

 -Tu crois ?

 -Je le sens. Le sens du courant. Étincelles, flammèches. Résurrections locales. Isolées, mais réelles. Un courant très profond. Mais que les maîtres de la Parole habillent d’obscurité.

 -Et du coup, tu t’écartes.

 -Pas le choix. Marre. Fatigué. Si c’était possible, j’irais passer l’été sur une île. Loin. Un ermitage. Ou tout au bout d’un alpage, avec rien que le ciel étoilé. Et je reviendrais différent, et je saurais quoi faire, puisqu'il faut quand même faire, pas le choix. Mais pour moi, le choix, je l’ai pas. Dans ce monde, triste à crever, on a pas le choix. Sauf entre l’illusion "Aleph"et l’illusion "Tau ".

 -Seul, t’irais ?

 -Faut bien, aussi. La solitude, c’est le terreau de ce triste monde. Un terreau amer qui nous oblige à avancer, au bout de la lande, au bout des étoiles. Ou à crever sur place, devant un écran. Un terreau stérile où rien ne prend racine.

Regarde...J’avais une copine, là-bas, en ville. Elle m’a zappé.

 -Elle t’a quoi ?

 -Zappé, mon frère, comme je te le dis....

( Silence. Le temps pour un bourdon de venir faire un repérage près d’une canette vide. )

Attends.. ! Tu captes peut-être pas ce que ça veut dire, ce barbarisme ?

 -Ben...

-Ouais, d’accord. Bon. Tu vois ce truc là, qu’ion appelle "télé" ? Ces écrans colorés et scintillants qu’on voit partout ?

 -Ouais. Difficile de pas voir ça...C’est ça, "télé "?

 -Pas que. Mais beaucoup. "Télé ", c’est des spectacles qui viennent d’une centrale. Organisés pour qu’un maximum de monde aille se coller contre les écrans, en même temps, et communie dans le même spectacle.

 -Au quai. Je situe.

 -Bon. Quand le programma te plaît pas, t(appuie sur un bouton, sur un bidule qu’on tient dans la main, et qui envoie une onde qui fait changer le programme. Ça s’appelle une zappette. Zapper, c’est changer de chaîne.

 -Je vois.

 -Et bien, maintenant, les gens se zappent entre eux.

 -Ah !

Ayano reste pensif un moment, jette un coup d’oeil au bourdon qui vient de reprendre un vol un peu sinueux, et, de nouveau :

 -Ah

Sans la moindre intonation, l’air du gars qui vient de se rendre compte que son paquet de tabac est vide, qu’on est dimanche, et que c’est pas la peine d’espérer taper un copain ce soir.

 -Vous en êtes vraiment là ? Si ça va pas, clic et puis c’est tout ?

 -Ben, faut croire. Qu’esse tu veux que je te dise ? Suis encore sous le choc, moi. Je comprends plus.

 -Faudra qu’on parle.

 -Tu l’as déjà dit, je te signale.

 -Passe-moi une bière.

Thomas se penche, va farfouiller au fond de son sac, en sort une canette, la tend à Ayano. Qui la prend, l’ouvre, sirote un peu de mousse.

 -Mais...comment ? Comment vous faites, alors ?

 -Simple. Y a plus rien, entre les gens. Plus rien d’intense. Plus d’émotion. Plus de rires, plus de larmes, plus de joie. Plus de lumière, puisqu’on ne veut plus de l’obscurité. Rien que la satisfaction du miroir. On évite tout. Les discussions, les interrogations, les remises en cause. On cherche ce qui ressemble à ce qu’on croit être. Ce qu’on CROIT être, remarque. Ce qu’on est réellement, on ne le sait pas, et on n’a pas la moindre envie de le savoir. Non. On veut juste rencontrer ce qui ressemble à ce qu’on imagine être, ce qui peut nous refléter dans le miroir des fantasmes. Ce que le Système nous a mis en tête. Et, toujours, on cherche des gens qui correspondent au profil que le Système nous attribue, en nous faisant croire qu’il s’agit d’un choix. "Mon "profil. "Mes "préférences . "Mes "goûts. Et, bien sûr, "Mes "choix. Dans ce monde où personne n’a choisi de naître, tout le monde se revendique d’un choix. Et, bien sûr, si un contact ne t’arrange plus, ou trouble ton miroir, tu le laisses tomber. Tu laisses crever. Tu affames. Tu te fiches de savoir si l’autre t’aime, s’il vibre aux pulsations de ton coeur, parce que le Système t’a appris que le coeur n’est rien d’autre qu’un pompe refoulante-aspirante. Alors, tu peux zapper sans problème. Et tu laisses un message de bonne conscience, "je suis sûre que tu trouveras ce qui te convient ", ou "tu es la personne qui m’a beaucoup aidée, les souvenirs resteront ",. Qauand tu laisses un message. Surtout, pas de vagues. Surtout, ne pas toucher aux certitudes que le Système t’as vendues si cher. Que rien ne trouble la surface du miroir où tu te contemples. Rien. Surtout pas de larmes, sauf celles de l’enfant déjà perdu qui trépigne quand il n’a pas ce qu’il veut sur le champ. Pas d’émotions. Rien qu’un peu d’émotionnel pour les pauvres bêtes qui souffrent. Et pour les quelles on peut avoir quelqu’émotion puisque nous, on est pas des bêtes.

Et puis merde, tiens... !

 -Belle tirade. Tu dois avoir soif, du coup.

 -Un peu, ouais. Suis dégoûté surtout. Et en colère, pas mal.

 -Faudra...

 -Ouais... Tu l’as déjà dit. Je crois que je vais rentrer. Attendre la fin de la chaleur, peinard. Puis me perdre dans les bois, et puis rentrer. Ou m’endormir quelque part, au pied d’un arbre.

 -Pas peur des sangliers ?

 -Pourquoi ? Ils ont pas de zappettes, eux...

 

 

10/04/2014

La NASA et la Vie sur Mars.

En quelques semaines, on a vu, sur la planète Mars, deux trucs bizarres.

Le premier de ces trucs, c'est une espèce de champignon, ( un sporophore , selon Rhawn Joseph, astrobiologiste ), apparu de manière tout à fait impromptue entre deux tournées de photos...

Le deuxième, c'est une lumière apparue sur une crête et longuement filmée par la caméra du robot.

En soi, ce ne sont que deux des phénomènes très particuliers qu'on signale, de ci de là, sur cette planète.

Mais bon.

Ceci n'est pas le but de ce petit billet rapide.

Ce qu'on peut trouver d'encore plus remarquable que ces manifestations probables du vivant, c'est les merveilles d'ingéniosité déployées par la NASA pour prouver qu'il ne s'agit pas de ça, oh que non, rien ne vit ailleurs que sur Terre, et encore, est-on réellement sûr que la Vie existe quelque part ?

Dans le premier cas, il s'agit, non pas d'un champignon, mais d'une pierre particulière projetée par un déplacement du Rover . Remarquable robot, capable de projeter, au bon endroit, entre deux rotations, des pierres dont la composition chimique est tout à fait étonnante, et qui, en plus, touchent le sol sans laisser dans la poussière la moindre marque d'impact...

Et tout cela au bon moment...

Dans le deuxième cas, il s'agit simplement d'un reflet du soleil, soit sur l'objectif de la caméra, soit sur un caillou.

Mais, en soi, le comportement de ce reflet, qui ne se reflète que sur UN SEUL caillou ou en UN SEUL point de la caméra n'est-il pas déjà exceptionnel ?

On voit bien, ici encore, que des gens "drillés" pendant des années à se couper de toute "subjectivité", ce qui veut dire en fait, à ne plus écouter les sensations de leur corps, à se couper de leur perception immédiate du Vivant, son tout à fait incapables de concevoir le caractère spontané, imprévisible, de la Vie.

Et que donc, encore une fois, même si un lutin martien venait faire des acrobaties sou l'œil des caméras, ils y trouveraient rapidement une explication "scientifique", c'est-à-dire morte.