09/02/2010

Save The Caberdouches

 Je reproduis ici un appel de Siné, paru dans le Siné-Hebdo du 27 janvier dernier :

        « Alerte, branle-bas de combat : 2.000 bistrots ont bouclé l’an dernier en Ile-de-France et 2 disparaissent chaque jour en Province. Une vraie cata ! Tout ça à cause de la scélérate interdiction de fumer. C’est toute une culture qui disparaît. Il faut décréter vite une loi les déclarant « en voie de disparition « pour les protéger du massacre. On le fait bien pour des libellules, des crapauds ou des chauves souris ! Merde ! les bistrots sont autrement plus essentiels »

        Que dire de pus ?
        Qu’en Belgique, on s’oriente rapidement dans la même direction, avec la bénédiction de tous les bien-pensants du pays, soulagés de voir à court terme disparaître ces lieux fréquentés par des prolos mal éduqués ?
        Que la haine soigneusement entretenue contre les fumeurs n’a rien à envier à celle qu’on entretient par ailleurs contre les chômeurs, qui de plus cumulent souvent ces deux tares ?
        Que cette haine est en définitive tout simplement la haine du peuple, et que nos bien-pensants ,effarouchés par toute expression de racisme quand elle vient d'en bas, pratiquent eux, assidûment, le racisme social ?
        Que la dite haine se cache hypocritement derrière de soi-disants considérations dites de santé publique, alors qu’on se fiche éperdument des milliers de victimes de la route ou d’accidents du travail, de l’invasion sournoise par les OGM, ainsi que des conséquences possible du bain d'ondes de toute nature dans lequel on nous a plongés, au saint nom du Marché ?
        Qu’il est plus facile d’attribuer au tabac les dégâts occasionnés par la pollution généralisée de l’air, les pics d’ozone et autres joyeusetés industrielles, plutôt que d'en chercher les vraies responsabilités ?
        Enfin...
        Lisez Siné-Hebdo, le seul hebdo francophone qui s’intéresse au quotidien des boucs émissaires de tout poil.

03/02/2010

Bagnole propre et sales TEC...

On trouve ceci, dans la gazette gratuite des gares en date du mercredi trois février.
        En page un, un intitulé "La ristourne fiscale fait recette", où l'on apprend que le dispositif ( fiscal ) permettant de "privilégier la vente de véhicules moins polluants" a coûté à l'Etat ( donc à l'ensemble des contribuables ) la bagatelle de 65,6 millions d'euros.
        Le reste de l'article s'inquiète, fort justement, des soucis que cette ristourne engendre auprès des concessionnaires....Mais le titre est positif, encourageant: ça "fait recette". Ça marche, quoi.
        Qu'il s'agisse d'un banal dispositif de subvention publique à l'industrie automobile, d'un transfert pur et simple de richesse commune vers à la fois les actionnaires des grandes marques de voitures et les bobos nantis qui, conscience "savetheplanet" oblige, veulent consommer vert, est, bien entendu, purement anecdotique et ne mérite pas d'être relevé.
        En page deux de la même édition, on voit un grand titre, d'allure et de ton nettement plus apocalyptique:
        "Le TEC n'a plus d'argent". On y apprend que "les prévisions révèlent" ( il s'agit donc d'une Révélation; on retient son souffle et on adopte l'attitude y correspondant )" pourtant" ( ce "pourtant" fait subtilement allusion à la volonté affichée du ministre -écolo - de ne pas réduire les fréquences, déjà anémiques, et d'éviter les licenciements )"qu'en 2014, " ( le TEC connaîtra ) " un déficit variant entre trois et onze millions d'euros".
        Toute personne un peu saine d'esprit et possédant un minimum de ce qu'on appelait jadis l'esprit critique sera, bien sûr, tentée de faire un rapprochement entre ces deux infos, concernant toutes deux des modes de déplacement, l'impact attilléen de l'automobile tant sur l'environnement que sur l'organisation de la société étant connu depuis fort longtemps...ainsi que les milliers de sacrifices humains exigés par cette Némésis industrielle.
        Donc, d'un côté, onze millions de déficit au plus, d'ici quatre ans, et de l'autre soixante-cinq millions de "manque à gagner", c'est à dire en fin de compte de déficit aussi.
Mais, d'un côté c'est l'apocalypse, tandis que de l'autre c'est une formule qui "fait recette".
        Que faut-il comprendre, dès lors ?
        Elémentaire, mon cher Watson: face à la crise climatique et sociale, alors qu'il devient urgent de changer de cap, le dogme persiste à nous imposer une seule manière de penser.
        Subventionner les industriels et les nantis, c'est bien.
        Subventionner un mode de transport qui sert en priorité aux pauvres, pardon, aux "classes sociales défavorisées" comme on dit en novlangue, c'est mal.
        On pourrait en rester là. Mais il y a plus.
        Les routes wallonnes sont, paraît-il, dans un état lamentable. C'est du moins ce qu'affirme une récente campagne médiatique.
        Il faut donc s'attendre à ce que ce lobbying des médias entraine de nouvelles dépenses, pour la remise en état du réseau routier. Dépenses qui, elles, ne seront pas taxées de "déficit".
        Même si en définitive, il ne s'agit que d'une subvention de plus à l'industrie automobile.
        Mais ils est vrai que,désormais, la bagnole sauve la planète.

        PS: le terme "attilléen" fait référence au célèbre personnage historique connu sous le nom d'Attilla Mangeplaine, dont il fut dit que là où il passait, l'herbe ne repoussait plus. Et qui, malgré les moyens techniques rudimentaires de l'époque, fut d'une redoutable efficacité dans les massacres et estropiations de toute nature.